Du Queyras aux plus hauts sommets
À seulement 24 ans, Victor Garcin, originaire du Queyras, vient de réaliser un exploit hors du commun : l’ascension du Gasherbrum I (8068 m, Pakistan), le onzième plus haut sommet du monde, et ce sans oxygène. Parti du 12 juin au 5 août dernier avec son ami de longue date Jérémy Matéra, originaire de Guillestre, il a vécu une expérience intense où se mêlent dépassement de soi, solitude et confrontation à l’inconnu.
« Dans la haute montagne, tu es un peu seul, c’est du dépassement de soi, l’aventure, la découverte… C’est complexe, tu dois analyser les conditions », confie-t-il.
Un parcours forgé par la passion
La montagne, Victor la découvre dès son enfance, aux côtés de son père. Ses premiers sommets ? Le mont Viso, la Barre des Écrins… puis le ski-alpinisme en compétition, qu’il pratique plusieurs années avant de bifurquer vers une approche plus libre et engagée : ski de pente raide, alpinisme hivernal, ascensions rapides et techniques.
Aujourd’hui, son terrain de jeu favori reste l’hiver, skis et crampons aux pieds : « Je suis plus à l’aise avec ça qu’avec des chaussons d’escalade ».

De Vars au Pakistan, en passant par l’Eiger
L’hiver, Victor travaille comme moniteur de ski à Vars et poursuit son rêve de devenir guide de haute montagne – il vient de réussir l’épreuve de ski du probatoire. Sur son palmarès, déjà des ascensions marquantes : la face nord de l’Eiger en une journée, la traversée Berhault du mont Viso, ou encore la traversée de la chaîne des Aravis en ski de pente raide – 7000 mètres de dénivelé positif avalés en 16h30.
Mais c’est bien au Pakistan qu’il a franchi un cap symbolique : gravir un 8000, sans assistance.
L’esprit de cordée et le goût du défi
S’il aime aller vite, Victor nourrit aussi l’envie de projets plus techniques, de grandes faces sauvages, de bivouacs imposés en haute altitude : « J’ai envie de sortir des sentiers battus », explique-t-il. Son intégration au GEAN (Groupe Excellence Alpinisme National) s’inscrit dans cette logique de progression collective : « Quand on voit les coachs, c’est la Dreamteam ! Et avec les jeunes, on apprend tous les uns des autres. »
Ses inspirations ? L’alpiniste haut-alpin Benjamin Védrines, mais aussi ses amis de cordée : « C’est grâce à eux que je me suis construit. »
Entre humilité et humour
Victor garde aussi ce recul qui fait les grands montagnards. Il se souvient d’un stage avec le GEAN, censé être « à la cool » : « On s’est levé à 4 h du matin et couché à minuit pendant trois jours pour faire du A3, A4… J’en conclu qu’on n’a pas tous la même définition d’un « truc tranquille » »
Et maintenant ?
Il ne lui reste plus que la partie estivale de son diplôme de guide pour concrétiser son avenir en montagne. Entre Vars, les Écrins et de nouvelles expéditions à l’international, Victor Garcin trace déjà une voie prometteuse dans l’univers de l’alpinisme.
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