Le 7 juin dernier, la commune de Cesana Torinese accueillait une réunion stratégique consacrée à l’avenir de la zone touristique et sportive de la Via Lattea, au cœur du Piémont. Ce territoire emblématique, héritier des Jeux olympiques d’hiver de Turin 2006, veut aujourd’hui se réinventer à travers une série de projets ambitieux et innovants.
Réaffirmer le potentiel olympique
De Cesana à Pragelato, en passant par Sestrières et Claviere, les communes de la Via Lattea ont joué un rôle majeur lors des JO de 2006. Près de vingt ans plus tard, certaines installations sont laissées à l’abandon, comme la piste de bobsleigh de Cesana, aujourd’hui promise au démantèlement. Pourtant, loin de renier cet héritage, les élus locaux souhaitent lui redonner sens à travers des projets tournés vers l’avenir et la durabilité.
Le Skidome, fer de lance d’un nouveau modèle alpin
Le projet le plus marquant est sans doute le Skidome Via Lattea, une structure couverte de ski indoor qui serait la première de cette ampleur en Italie. Installé sur le tracé de l’ancienne piste de bobsleigh, il serait intégré dans le paysage avec un impact visuel limité et alimenté par une centrale hydroélectrique. Objectif : proposer du ski toute l’année, réduire la dépendance à la neige naturelle et générer une activité économique constante, été comme hiver. Le projet s’inscrit dans une logique de désaisonnalisation et de transition écologique.
Pragelato : la relance du nordique
Du côté de Pragelato, l’accent est mis sur les disciplines nordiques. Un centre de biathlon et de ski à roulettes viendra compléter les infrastructures existantes. Le stade de saut à ski, actuellement inutilisé, pourrait être réhabilité, avec à la clé un musée olympique et un espace culturel. Le télésiège et un hôtel pour sportifs sont aussi sur la table, dans une volonté claire de valoriser l’ensemble du site.
Un enjeu économique régional majeur
Le secteur du ski représente un poids économique considérable dans la région : la Via Lattea génère à elle seule 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, sur un milliard estimé pour le Piémont. Dans un contexte de concurrence croissante avec les grandes stations françaises et suisses, ces projets visent à maintenir la compétitivité du territoire tout en intégrant les principes de durabilité environnementale.
Des défis à relever collectivement
Les débats ont aussi mis en lumière les fragilités de l’écosystème alpin et la nécessité de construire un développement respectueux du territoire. Le changement climatique impose de repenser les usages et les infrastructures. Dans cette optique, les initiatives portées par Cesana et Pragelato montrent qu’il est possible de concilier attractivité touristique et préservation de la montagne.
Alors que les Jeux olympiques d’hiver de 2030 se préparent en France, la Via Lattea entend bien faire entendre sa voix et s’inscrire comme un pôle stratégique transfrontalier, capable de tirer parti de son passé pour imaginer un futur durable.